DISTINCTION VRAI-FAUX

IMITATIONS matières nobles et naturelles

L'écaille : c'est la matière la plus fréquemment imitée. Bien avant que la chasse aux tortues Caret soit interdite, on a tenté de reproduire cette matière magnifique dès les années 1870/80.

D'abord avec de la corne teintée, ensuite avec de la gélatine, du celluloïd ou d'autres plastiques.

Les imitations peuvent être soit grossières, soit étonnantes de réalisme. Et parfois, seul un œil averti reconnaît la différence.

Quelques conseils : 

Procédez par élimination

- Avec une lame de rasoir, grattez sans l'endommager un endroit peu visible (la partie interne d'une dent par exemple) et recueillez quelques tout petits copeaux de matière dans une soucoupe. Mettez-y le feu avec une allumette (éloignez l'objet lui-même).

S'il se produit une petite explosion (pop !) et que l'odeur dégagée sent le camphre ou une matière chimique, vous avez en main du celluloïd ou du plastique.

Si une odeur de "cochon grillé" se dégage, il s'agit de kératine et donc de corne ou d'écaille.

- Si l'objet a des marques de morsure de mites, cela ne peut qu'être une matière naturelle : corne ou écaille

- Pour distinguer l'une ou l'autre, observez la matière en transparence. La corne est  plutôt fibreuse alors que l'écaille est dense, avec quelques gerçures internes. Bien regarder le flammé, il doit être aléatoire. 

L'ivoire : l'ivoire véritable est lourd, dense, veiné. L'ivoirine est de la poudre d'ivoire agglomérée avec un liant, mais les veines sont inexistantes. 

Il y a aussi ce que les Anglo-Saxons appellent le "French ivory" et qui n'est autre que du plastique aux veines reconstituées. Ces veines sont cependant parfaitement parallèles, ce que ne fait jamais la nature !

Enfin, on peut, de bonne ou de mauvaise foi, vous vendre un objet en os pour de l'ivoire. Le grain de l'os est moins uni , ce qui rend l'éclat difficile au polissage. Observez donc bien la brillance : le poli de l’os reste un peu terne, alors que celui de l’ivoire est lisse et éclatant. 

Les plumes de martin-pêcheur : vous les trouverez seulement sur des bijoux chinois.

Elles sont chères et rares. Beaucoup de vendeurs fabriquent des ornements de style XIXe siècle avec des plumes de volatiles communs teintées artificiellement. Le résultat est souvent grossier, l'iridescence des plumes du martin-pêcheur étant inimitable.  

Ce minuscule petit oiseau, qui a frôlé l'extinction au siècle passé, reste cependant recherché de nos jours pour des restaurations, ou l'ornementation d'objets neufs. Mais la technique a changé, car l'application sur des surfaces métalliques demande une minutie qui s'accorde mal avec la vie moderne et l'esprit de rentabilité. Les barbes sont donc appliquées sans suivre exactement les contours des bords. 

Ces conseils vous rendront plus averti mais il faut du temps pour exercer son œil ! L’expérience reste irremplaçable.


Images: 
Écaille véritable. USA fin 19e s.
Celluloiïd imitant l'écaille. USA, fin 19e
Ecaille blonde véritable. Atelier SAPIO. France, fin 19e s.
Celluloïd imitant l'écaille blonde. USA 1920
Corne claire véritable. France, 1900-10
Celluloïd imitant la corne claire. USA, 1900-10
Plumes de martin-pêcheur véritables. Chine, 19e s.
Fausses plumes de martin-pêcheur. Chine, 20e s.
Ivoire véritable. Inde, fin 19e s.
Celluloïd dit "French ivory". France, 1930
Grain fin de l'ivoire véritable. Continent africain, 20e s.
Os teinté, imitant l'ivoire teinté. Continent africain, 20e s.